Tous à la manifestation
Samedi 15 décembre
15 heures place de la cathédrale à Rouen
Naboulsi, un sans-papiers algérien débouté du droit d'Asile, a été arrêté jeudi 22 novembre par la police. Détenu à l'hôtel de Police durant une semaine, il a été expulsé vers l'Algérie le vendredi 30 novembre. Il avait fui son pays en 1999, menacé de mort par les terroristes du GIA. En tant que demandeur d'asile territorial, il n'avait droit à aucun travail, aucun logement, aucune ressource. Il avait été contraint à vivre séparé de sa femme et de ses enfants, dans deux foyers d'hébergement différents.
Jeudi 30 novembre, le Tribunal Administratif a confirmé son arrêté de reconduite à la frontière pris par le préfet de Seine Maritime, alors qu'il avait pu apporter devant le juge des documents prouvant sa condamnation à mort par les terroristes du GIA.
Malgré la présence de plus d'une cinquantaine de sans-papiers et soutiens venus réclamer sa libération devant l'hôtel de police en scandant « sans-papiers expulsés, sans-papiers assassinés ! »,
Malgré l'intervention de l'Évêque de Rouen qui a envoyé un fax le vendredi en urgence à la préfecture pour surseoir à la reconduite,
Malgré l'intervention du Sénateur-maire d'Oissel et de plusieurs élus pour que la préfecture renonce à l'expulsion,
Malgré son état psychique très détérioré qui aurait nécessité la présence de son médecin à l'hôtel de Police et sans doute son hospitalisation,
Naboulsi a été expulsé vendredi vers l'Algérie dans des conditions troublantes et qui demandent à être élucidées. Le droit d'asile a été bafoué une fois de plus.
Déjà, de nombreuses associations avaient protesté contre l'expulsion vers l'Algérie de notre camarade Saïd alors qu'il nécessitait d'importants soins médicaux, mais aussi contre les conditions inhumaines de son expulsion : il fut renvoyé vêtu de ses vêtements souillés de sang après une tentative de suicide.
L'intolérable s'est répété avec Naboulsi. Yamina, son épouse enceinte, et leurs deux enfants, l'un déjà scolarisé et l'autre né en France, vivent maintenant une séparation contraire au droit universellement reconnu de vivre en famille. Déboutée du droit d'asile elle aussi, sans-papiers, Yamina vit une double angoisse : peur de ce qui peut arriver à son mari et peur d'être expulsée.
Nous devons dénoncer avec force cette injustice permanente envers les sans-papiers. Depuis deux mois, des négociations ont été entamées entre le collectif des sans-papiers et la préfecture, suite à l'intervention de
plusieurs élus de l'agglomération. Huit sans-papiers ont obtenu une carte d'un an. C'est un premier résultat mais le compte n'y est pas ! Depuis deux ans, à notre connaissance, il n'y a eu aucune régularisation de demandeur d'asile. Il faut que la préfecture régularise tous les sans-papiers en lutte !
Il est temps que l'unité et la mobilisation la plus large de toutes les organisations politiques, syndicales, et humanitaires se réalisent pour exiger du gouvernement qu'il tienne ses promesses. Nous exigeons la régularisation de Yamina et le retour de son mari.
Tous ensemble, manifestons samedi pour :
Le respect du droit d'asile
La régularisation de tous les sans-papiers avec carte de 10 ans
L'arrêt des expulsions et la fermeture des centres de rétention
La libération de tous les sans-papiers emprisonnés pour défaut de papiers
L'abolition de la double peine
L'abrogation des lois Pasqua, Debré et Chevènement
Collectif des Sans-Papiers De Rouen et Agglomération
29 rue de Petit Quevilly 76100 Rouen tel 06 17 77 92 05
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