À l'heure où se réunit un congrès extraordinaire du Parti socialiste pour l'investiture du candidat socialiste à l'élection présidentielle, Younis Trabelsi, un sans-papiers de Rouen en grève de la faim depuis 44 jours, s'adresse à Lionel Jospin, à la direction du Parti socialiste et au gouvernement.
Il faut tout faire et très vite pour Younis !
Younis a lutté pour sa régularisation depuis quatre ans dans deux collectifs successifs des sans papiers de l'agglomération. Déserteur de l'armée lybienne, il risque la peine de mort dans son pays d'origine. Il est en France depuis 20 ans. Il a été arrêté pour vente de Hashich il y a plus de dix ans et il a purgé une peine de prison. Depuis, il n'a commis aucun délit.
Il s'est engagé dans cette grève de la faim pour sortir de ce cercle vicieux : risquant la peine de mort en Lybie, ils n'ont pas osé à ce jour l'expulser vers la Lybie, mais de par le système de la double peine, il est non régularisable et condamné à la marginalité à vie.
Au bout de 44 jours de grève de la faim, il est très affaibli. Il a perdu 20 % de son poids. Sa vue a beaucoup baissé. Il a des vertiges et des pertes de mémoire. Des séquelles irréversibles sont à craindre rapidement. Or nous avons appris mercredi que le ministère avait rejeté sa demande d'assignation à résidence avec le doit au travail. Younis est décidé à continuer sa grève de la faim jusqu'au bout. Sa vie est en danger.
Il avait été envisagé que Younis, accompagné de personnalités nationales soutenant les sans-papiers, se rende ce matin- même en ambulance à 10H30 à Paris au congrès extraordinaire du Parti socialiste pour demander à Lionel Jospin son assignation à résidence avec droit au travail. Malheureusement, son état s'est aggravé et les médecins qui l'accompagnent dans sa grève de la faim ont jugé qu'il n'était plus transportable jusqu'à Paris. C'est pourquoi Younis Trabelsi et ses soutiens ont décidé d'occuper le siège rouennais du parti socialiste et ont demandé au secrétaire fédérale du parti socialiste d'intervenir auprès de Jospin au congrès extraordinaire.
Il faut maintenant qu'un mouvement de solidarité s'organise rapidement au niveau local et national. Nous faisons appel à tous les militants, artistes, intellectuels et personnalités qui soutiennent les sans papiers de soutenir activement Younis. Il faut agir au plus vite. Chaque jour, chaque heure qui passe le met un peu plus en grave danger.
L'occupation du siège du parti socialiste à Rouen continue. Il faut absolument que Lionel Jospin se souvienne aujourd'hui des promesses qu'il avait faites aux sans-papiers. Il faut dénoncer le système de la double peine, système discriminatoire qui fait que les Français et les étrangers ne sont pas traités de la même manière devant la justice : une fois purgé sa peine, un français à le droit de se réinsérer dans la société. Une personne de nationalité étrangère est condamnée au bannissement. Le principe d'une même justice pour tous est bafoué.
Dimanche 24 février et tout particulièrement à partir de 19 heures, venez nombreux au siège du Parti socialiste, à Rouen au 33 rue d'Elbeuf à Rouen ! Il faut sauver Younis et lui accorder les droits qu'il ne cesse de réclamer.
Dimanche 24 février
Comité de soutien à Younis
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